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Le lait cru à la « croisée des chemins », encore une fois

Source : Mercola.com, Dr. Joseph Mercola, Auteur Sally Fallon Morell, 16 mai 2024

EN UN COUP D’ŒIL:

  • La campagne contre le lait cru a commencé par un article mensonger publié en 1945 dans le magazine Coronet, qui affirmait qu’une épidémie mortelle de brucellose s’était déclarée dans une ville inexistante, ce qui a conduit à l’adoption de lois restrictives contre le lait cru dans le Michigan en 1948.

  • Une présentation PowerPoint réalisée en 2007 par un fonctionnaire de la FDA faisait la critique du lait cru à partir de rapports erronés ; aucun de ces rapports n’a prouvé que la pasteurisation aurait permis d’éviter les prétendues épidémies.

  • Un communiqué récent de l’USDA attribue des symptômes chez des vaches laitières à la grippe aviaire, sans que la présence du virus dans le lait ne soit confirmée, en s’appuyant sur des méthodes d’analyse avec PCR douteuses.

  • Malgré les affirmations, il n’existe aucune preuve, évaluée par des pairs, de la transmission à l’homme de la grippe aviaire hautement pathogène à partir du lait cru.

  • Alors que l’on nous dit que la pasteurisation rend sans danger la consommation du lait, le détournement ou la destruction de lait provenant d’animaux infectés suggère que la pasteurisation ne garantit peut-être même pas la sécurité alimentaire.

Peu d’entre nous étaient nés lorsque les partisans de la pasteurisation du lait ont lancé la première grande attaque contre l’aliment parfait que nous a donné la nature. En 1945, un magazine appelé « Coronet » a publié un article intitulé « Raw Milk Can Kill You » (Le lait cru peut vous tuer), qui rendait le lait cru responsable d’une épidémie de brucellose dans une ville appelée Crossroads (« Croisée des chemins »), aux États-Unis, qui aurait emporté un tiers des habitants. Le « Reader’s Digest » a repris l’histoire et l’a publiée un an plus tard.

raw milk can kill you article
coronet magazine

Il n’y a qu’un seul problème avec ce « reportage »: Il n’y avait pas de ville appelée Crossroads ni d’épidémie de brucellose. Toute l’histoire était une fabrication, autrement dit un mensonge. Et les mensonges sur le lait cru n’ont jamais cessé depuis.

Malheureusement, cette histoire bidon de Crossroads a ouvert la voie à l’adoption de lois interdisant la vente de lait cru, en commençant par le Michigan en 1948.

Voici un autre exemple de mensonges contre le lait cru (que j’ai mentionné dans un article précedent, mais qui mérite d’être répété). En 2007, John F. Sheehan, BSc (Dy), JD, US Food and Drug Administration, Center for Food Safety and Applied Nutrition (USFDA/CFSAN), Division of Dairy and Egg Safety (Service de qualité et d’innocuité des produits laitiers et des oeufs de la FDA) , a préparé une présentation Powerpoint dénigrant le lait cru qui a été présenté à la National Conference on Interstate Milk Shipments (NCIMS – Conférence nationale des transports laitiers entre états) de 2005 par Cindy Leonard, MS.

Comme le montre le tableau ci-dessous, l’ensemble des quinze rapports associant des épidémies de maladies d’origine alimentaire au lait cru cités par Sheehan présentent de graves lacunes. Par exemple, dans deux de ces quinze rapports, les auteurs de l’étude n’ont présenté aucune preuve que quelqu’un avait consommé des produits à base de lait cru et, dans l’un d’entre eux, l’épidémie n’a même pas existé. Aucune des études ne montre que la pasteurisation aurait permis d’éviter l’épidémie.

Aucun positif valide d’un échantillon de lait12/15 (80%)
Pas d’association statistique valable avec le lait cru10/15 (67%)
Résultats manipulés par la FDA7/15 (47%)
Des explications alternatives ont été mises à jour mais n’ont pas été suivies5/15 (33%)
Aucune preuve que quelqu’un ait consommé des produits à base de lait cru2/15 (13%)
L’épidémie n’a même pas existé1/15 (7%)
Il n’a pas été démontré que la pasteurisation aurait permis d’éviter l’apparition de l’épidémie15/15 (100%)

Aujourd’hui, on fait tout un tapage sur la grippe aviaire chez les vaches laitières: encore des mensonges, des mensonges très intelligents, mais des mensonges quand même.

Dans un communiqué de presse daté du 25 mars 2024, le ministère américain de l’agriculture (USDA), la Food and Drug Administration (FDA) et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), ainsi que les autorités vétérinaires et de santé publique des États, ont annoncé une enquête sur « une maladie touchant principalement des vaches laitières plus âgées au Texas, au Kansas et au Nouveau-Mexique, qui provoque une baisse de la lactation, un manque d’appétit et d’autres symptômes. »

Les agences affirment que des échantillons de lait non pasteurisé provenant de vaches malades au Kansas et au Texas ont été testés positifs à l’ « influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). » Les autorités attribuent l’apparition de ce foyer épidémique à un contact avec des « oiseaux migrateurs sauvages » et, éventuellement, à une transmission entre bovins. Le communiqué de presse met spécifiquement en garde contre la consommation de lait cru, un avertissement répété dans de nombreuses publications et sur Internet.

Selon le communiqué de presse, les laboratoires nationaux ont confirmé la présence de l’IAHP par des tests, sans parler du type de test dont ils se sont servis pour détecter cette soi-disant infection virale.

Mensonge n° 1 : les chercheurs ont trouvé le virus IAHP dans le lait des vaches malades

Les autorités n’ont PAS trouvé de virus dans le lait ou les autres sécrétions des vaches malades. Le CDC n’a toujours pas répondu aux demandes répétées de preuve de la présence du virus isolé de la grippe aviaire hautement pathogène dans les fluides d’un poulet ou d’un autre animal malade. Les agences sanitaires et agricoles du Canada, du Japon, du Royaume-Uni et de l’Europe n’ont pas non plus fourni de preuve de la présence d’un virus isolé de la grippe aviaire.

Quant à toutes les études que vous pouvez trouver dans une recherche PubMed qui prétendent avoir « isolé » un virus, aucune d’entre elles ne montre l’isolement réel d’un virus, n’importe quel virus, à partir des fluides (flegme, sang, urine, fluides pulmonaires, etc.) de n’importe quel animal, oiseau ou humain.

La vérité est que les « virus » portent souvent le chapeau pour les toxines environnementales, et dans un système d’élevage en claustration, il y en a beaucoup – sulfure d’hydrogène, dioxyde de carbone, méthane et ammoniac provenant des excréments, par exemple. Il y a ensuite les toxines dans l’alimentation des animaux, comme l’arsenic ajouté à l’alimentation des volailles, et les mycotoxines, le tropane et les alcaloïdes de la β-carboline dans le tourteau de soja.

En accusant des virus inexistants, les responsables de l’agriculture évitent de marcher sur les plates-bandes des grandes industries et d’ajouter au dégoût croissant du public à l’égard du système d’élevage en claustration.

En 2006, les chercheurs Crowe et Englebrecht ont publié un article intitulé « Virus de la grippe aviaire H5N1 : aucune preuve de son existence, de sa pathogénicité ou de son potentiel pandémique ; omission de la causalité non H5N1 ». Rien n’a changé depuis.

Voici votre devoir : Contactez l’USDA à l’adresse Aphispress@usda.gov et demandez-lui de fournir la preuve de l’isolement du virus de l’IAHP ou de tout autre virus présent dans le lait des bovins malades.

Mensonge n° 2 : les laboratoires nationaux ont confirmé la présence de l’IAHP par des tests

Ils ne précisent pas le type de test qu’ils ont utilisé, mais il s’agit très certainement d’un test PCR (réaction en chaîne par polymérase). Le test PCR détecte le matériel génétique d’un agent pathogène ou d’un échantillon de cellules anormales et permet aux chercheurs de faire de nombreuses copies d’une petite section d’ADN ou d’ARN. Le test n’a pas été conçu pour déterminer ou diagnostiquer une maladie, mais pour amplifier ou augmenter une certaine partie du matériel génétique.

Chaque « amplification » est un doublement du matériel. Si vous amplifiez trente fois, vous obtiendrez un résultat négatif ; si vous amplifiez 36 fois ou plus, vous obtiendrez un résultat positif. À 60 amplifications, tout le monde sera « testé positif » pour n’importe quel morceau de matériel génétique qui soi-disant peut causer une maladie. Si vous voulez montrer qu’une pandémie se prépare, il vous suffit d’amplifier, d’amplifier, d’amplifier. Il ne s’agit pas d’un test valable, ni scientifique, loin s’en faut, d’autant plus qu’il n’y avait pas de virus au départ.

Combien de fois nos autorités sanitaires ont-elles amplifié les échantillons prélevés sur le lait des vaches malades ? Ne manquez pas de le leur demander lorsque vous enverrez un courriel à Aphispress@usda.gov pour obtenir la preuve de l’existence du virus.

Mensonge n° 3 : le « virus » est hautement pathogène

Selon le « Wall Street Journal », une personne – une seule – qui travaille dans une ferme laitière est tombée malade et a été testée positive à la grippe aviaire, après avoir été exposée à des vaches laitières qui auraient soi-disant été infectées par le virus H5N1.

Cette personne a déclaré comme seul symptôme une rougeur des yeux, ou conjonctivite, symptôme qui peut s’expliquer par une exposition à l’une des nombreuses toxines présentes dans l’air confiné des laiteries. (Comment traite-t-on la maladie ? Avec de la vitamine A et des gouttes oculaires à base de plantes ? Non, le pauvre bougre est traité avec un médicament antiviral toxique.)

Selon le CDC, la maladie chez l’homme va d’infections bénignes, qui comprennent des Where Is the Evidence? — CSC (colemanscientific.org) aux voies respiratoires supérieures et aux yeux, à des pneumonies graves. Si le « virus » est si hautement pathogène, on pourrait s’attendre à ce que de nombreux travailleurs en contact avec ces vaches malades se retrouvent à l’hôpital… mais nous n’avons entendu parler d’aucun cas jusqu’à présent.

Mensonge n° 4 : on peut attraper la grippe aviaire en buvant du lait cru, mais le lait pasteurisé est sans danger

Selon le biologiste médical Peg Coleman, « les récentes communications du CDC, de la FDA et de l ‘USDA sur les risques de transmission du virus de la IAHP (sous-type H5N1) à l’homme par le lait cru ne contiennent aucune preuve de la transmission virale du lait cru à l’homme dans la littérature évaluée par les pairs.

Un grand nombre d’éléments scientifiques tirés de la littérature évaluée par des pairs […] n’étayent pas l’hypothèse de ces agences gouvernementales américaines selon laquelle l‘IAHP [inexistante] se transmet à l’homme par les voies du lait ou de l’alimentation et provoque des maladies. Les données scientifiques ne soutiennent pas non plus la recommandation selon laquelle les consommateurs devraient éviter le lait cru et les produits à base de lait cru [souligné dans l’original]. »

Dr Coleman souligne la série de composants bioactifs présents dans le lait cru, y compris le lait bovin, qui détruisent les agents pathogènes et renforcent la paroi intestinale. « Bon nombre de ces composants bioactifs du lait cru sont sensibles à la chaleur et peuvent être absents, inactifs ou présents en plus faibles concentrations dans les laits pasteurisés.

Des études interdisciplinaires démontrent que le lait cru provenant de vaches saines n’est pas intrinsèquement dangereux, conformément aux données sur les tendances du CDC pour la période 2005-2020 et aux analyses des avantages et des risques. Il n’existe aucune preuve scientifique que l’influenza aviaire hautement pathogène présente dans le lait cru soit à l’origine d’infections humaines. »

Alors que l’USDA, la FDA et les CDC assurent au public que la pasteurisation rendra le lait sans danger pour la consommation, ils notent que « le lait provenant d’animaux infectés est détourné ou détruit », ce qui implique que même pasteurisé, le lait n’est pas forcément sain à consommer. Quoi qu’il en soit, les ventes de lait industriel pasteurisé continuent de décliner inexorablement.

Heureusement, les consommateurs de lait cru sont déjà sceptiques à l’égard des déclarations du gouvernement et savent à quoi ressemble un bobard. Les producteurs de lait cru, petits ou grands, voient leurs ventes monter en flêche. La crise actuelle de la grippe aviaire n’est qu’un nouveau « Crossroads »: un ramassis de mensonges entretenus par une industrie laitière malhonnête qui s’en prend déloyalement à la concurrence.

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