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mars 29, 2021

Certificat vaccinal : des milliers de ‘colibris’ créent un déluge de courriels au Parlement Européen

par Senta Depuydt

Mercredi 24 et jeudi 25 mars, les boîtes de réception parlementaires européens ont été inondées de courriels les invitant à rejeter la procédure accélérée pour l’adoption du ‘certificat numérique vert’, sorte de passeport vaccinal européen.

Quelques jours auparavant, la Commission Européenne avait déposé une proposition de règlement visant à faire adopter le ‘certificat numérique vert’ (ou ‘Green Pass’) en procédure accélérée, en laissant une semaine de délai aux euro-députés pour se prononcer sur la question. Le document qui doit apporter la preuve d’une vaccination contre le Covid-19 ou d’un test PCR négatif récent est présenté comme un ‘passeport pour la liberté’ tant attendu par les pays de l’Union pour ‘rouvrir’ les frontières et l’activité économique, culturelle et touristique.

La Commission vise une adoption en urgence, afin de le mettre en place avant l’été et de garantir la possibilité de déplacement durant les vacances.  Bien que l’utilisation du certificat soit annoncée comme une mesure temporaire, de nombreux indices laissent à penser que l’exigence d’un tel document pourrait rapidement devenir permanente et même s’étendre à d’autres vaccins et données de santé.

La proposition qui viole la libre circulation des personnes au sein de l’espace Schengen, un des principes fondamentaux du traité de l’Union Européenne, tout en introduisant une politique indéniablement discriminatoire, a alarmé de nombreux citoyens à travers l’Union.

Plusieurs organisations ont réagi en toute hâte et invité leurs membres à envoyer une lettre type rédigée par leur avocat, afin d’exprimer leur indignation aux élus et de les inviter à rejeter la procédure d’urgence.

Selon un article paru le lendemain dans le ‘Irish Times’, le Parlement aurait reçu un ‘déluge’ de près de 3000 courriels en une nuit, ce qui aurait même perturbé le bon fonctionnement de la messagerie.

La lettre la plus diffusée fut celle de l’avocat Robert F. Kennedy, Jr., le neveu de l’ancien Président des Etats-Unis, un ardent défenseur du libre choix en matière de vaccination, dont la branche européenne de son association Children’s Health Defense a diffusé le message d’alerte en plusieurs langues.

Son courrier questionne les données scientifiques de la proposition et les risques qu’elle engendre, avant de contester sa base juridique.

Selon l’article de l’Irish Times’, ‘les parlementaires interrogés’ auraient été surpris par le volume inhabituel des courriers et leurs éléments de ‘désinformation’ à propos des vaccins contre le Covid-19 et de la pandémie.

L’on remarquera pourtant que lors des auditions du mercredi après-midi, juste avant le vote, plusieurs parlementaires ont soulevé de nombreux points similaires à ceux avancés dans la lettre. Le groupe des Verts qui s’est opposé à la procédure d’urgence a commencé par critiquer la justification du certificat en tant que mesure de santé publique:

« Premièrement, le certificat doit reposer sur une base scientifique solide. Or, nous n’avons toujours pas de preuve concluante que la vaccination réduit fortement la transmission de la maladie. Sans cette certitude, le certificat risque de conduire à un faux sentiment de sécurité ».

Le communiqué des Verts a ensuite soulevé le risque de discrimnation posé par la proposition et rappelé qu’il n’était pas question d’enfreindre les droits fondamentaux des citoyens européens, déplorant enfin le manque de contrôle démocratique associé à la procédure.

De toute évidence, les craintes des ‘militants’ sont donc aussi partagées par une partie de la classe politique. L’on ignore dans quelle mesure les courriers envoyés peuvent avoir eu une véritable influence, mais l’on sait au moins que de nombreux parlementaires les ont lus et y ont répondu. Et si le Parlement a finalement accepté de passer le certificat vert en procédure accélérée, plus de 200 députés ont voté contre la proposition.

Mais plutôt que de s’interroger sur des préoccupations légitimes relayées par de grands avocats et des milliers de citoyens et confirmées par un vote de rejet d’un tiers de l’assemblée, l’Irish Times préfère jouer l’éternelle complainte du complot avec son chapelet de vocabulaire visant à éloigner toute pensée critique ‘anti-vaccins’, ‘menaces’, ‘extrémisme’, ‘désinformation’.

Ainsi l’article suggère que ce ‘déluge de mails’ puisse être le fait d’un ‘algorithme’ et d’un ‘système de distribution centralisé’. Ce n’est certainement pas le cas pour Children’s Health Defense Europe qui démarrait ici sa première lettre et a constaté que plusieurs milliers de personnes se sont inscrites sur le site en même temps qu’elles ont envoyé leurs messages aux euro-députés.

Il est peut-être surprenant qu’autant de personnes aient pris le temps, parfois plusieurs heures, pour contacter les élus, car il ne s’agissait pas de simplement  ‘cliquer et envoyer’ un formulaire, mais plutôt de rédiger de multiples courriers à partir de sa propre adresse mail.

Devant une mobilisation aussi rapide et importante, il faut prendre conscience de la volonté d’une part de la population à se faire entendre. Car c’est l’indice d’un authentique réponse citoyenne qui est en train de prendre forme à travers l’Europe et dans le monde.

Et les choses pourraient encore changer et rien n’empêche le public de continuer à manifester ses craintes et son refus d’un tel certificat. Le mandat pour les négociations avec le Conseil européen doit être adopté par les parlementaires lors de la prochaine assemblée plénière qui se tiendra du 26 au 29 avril. D’ici là, c’est entre les mains de la commission des libertés civiles (LIBE) qui a demandé de reprendre le dossier et pourrait y apporter d’importants amendements, avant que le texte définitif ne soit voté par le Parlement et le Conseil réunis.

En attendant, une partie croissante de la population est prête à se mobiliser pour défendre ses droits.  Le ‘déluge’ de mails qui s’est abattu sur le Parlement européen n’est pas issu d’un algorithme, mais a été provoqué par des milliers de personnes, qui telles de petits ‘colibris de la démocratie’ espèrent éteindre l’incendie liberticide allumé par un despotisme sanitaire de plus en plus manifeste. L’instant est venu de méditer sur le message de cette légende désormais connue à travers le monde et de rappeler à chacun que toute action collective a démarré avec une poignée d’individus…

« Un jour, un gigantesque incendie se déclara dans la forêt. Tous les animaux s’enfuirent et se mirent à l’écart, observant le désastre avec impuissance. Seul un petit colibri s’activait, amenant quelques gouttes d’eau pour éteindre l’incendie. Plusieurs animaux se moquèrent de lui : « Colibri, c’est risible. Ce n’est pas avec ces quelques gouttes que tu vas éteindre le feu. » Mais le colibri répondit sans se laisser perturber : « Je sais. Mais je fais ma part ».

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