L’euro numérique et le pass sanitaire, outils de contrôle absolu – Interview d’Éric Verhaeghe au micro de Rachel Marsden

Le pass sanitaire c’est la première expérience de crédit social dans le monde démocratique

Rachel Marsden: [00:00:00] Bienvenue au désordre mondial, je suis Rachel Marsden. Que cache le déploiement mondial et coordonnées d’espace sanitaire et vaccinaux ? Comment le concept risque t il d’être étendu ou exploité ? Le transfert de l’intégralité de son identité numérique à son smartphone comporte des risques majeurs d’exploitation abusive par les gouvernements. Des groupes de défense de libertés aux Etats-Unis expriment déjà leur inquiétude concernant le prochain [00:00:30] déploiement dans 8 États américains, Arizona, Georgie, Connecticut, Iowa, Kentucky, Maryland, Oklahoma et Utah d’un permis de conduire numérique téléchargé sur l’application Wallet d’Apple. Par ailleurs, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a récemment décidé de lancer un projet d’euro numérique permettant théoriquement aux gouvernements de suivre et de contrôler [00:01:00] des dépenses liées à l’identité numérique d’une personne. Imaginez ce concept associé aux restrictions et interdictions imposées aux personnes qui n’ont pas subi de double piqûres afin d’obtenir un pass sanitaire émis par le gouvernement. Il n’est pas difficile de voir comment, à l’avenir, tous ces éléments pourraient être exploités à des fins qui n’ont plus rien à voir avec le Covid-19. Des citoyens [00:01:30] du monde entier ont adhéré à ce système, tétanisés par la peur. Ils ont commis l’erreur d’échanger leur liberté contre une illusoire protection gouvernementale, contre un virus relativement bénin dont ils étaient convaincus, s’apparentait à la peste bubonique. Est ce une vision trop pessimiste de l’avenir? Ou bien une réalité qui se met doucement en place? [« Le désordre mondial présenté par Rachel Marsden. »] Avec moi aujourd’hui pour discuter de tout cela, Éric Verhaeghe est énarque et l’auteur du livre The Great Reset Mythes et Réalités aux Editions Culture & Racines. Bienvenue à l’émission.

Éric Verhaeghe: [00:02:22] Bonjour Rachel, c’est toujours un plaisir de vous retrouver.

Rachel Marsden: [00:02:25] Enchantée également. Alors, la dernière fois que vous étiez ici, on a discuté du [00:02:30] wallet et du portefeuille électronique européen. Mais depuis, on a vu l’introduction de ce pass sanitaire qui était introduit premièrement dans un premier temps en Israël. Après, en France. Et depuis, ça semble apparaître un peu partout. Comment expliquer ça ? Est ce qu’il y a une explication? Est ce qu’il y a une coordination ? Est ce qu’ils se copient tout simplement les uns des autres d’une manière aléatoire?

Éric Verhaeghe: [00:02:56] Non. Alors votre question est compliquée, donc elle mériterait [00:03:00] qu’on y passe des heures. On va synthétiser et on va faire simple. Il y a quelque chose qui est dans l’air du temps, qui est le passage de l’identité papier, si j’ose dire, à l’identité numérique. C’est à dire que les Etats se disent que la vieille carte d’identité, le bon vieux passeport qu’on scanne, etc. C’est un peu « has been » et que le plus simple est de mettre à disposition des citoyens, et en réalité de leur imposer, un document qui transporte tous les éléments numériques [00:03:30] qu’un État peut détenir sur ce citoyen avec lui, c’est à dire son identité, lieu de naissance, etc. Bien entendu, mais aussi, on le voit bien, sa situation sanitaire, son statut vaccinal. Et puis demain, ce sera son statut bancaire et ses données bancaires. Vous avez évoqué dans votre introduction à très juste titre, la mise en place de l’euro numérique. Il est d’ores et déjà programmé que la situation bancaire de chaque individu et les transactions qu’il réalise [00:04:00] jour après jour pour se nourrir, pour se vêtir, pour vivre. Il est d’ores et déjà prévu que ces transactions soient versées dans le wallet, c’est à dire le portefeuille numérique dont il sera détenteur. Donc, cela s’appelle l’ID Card, la carte d’identité numérique qui sera une espèce de hub.

Rachel Marsden: [00:04:20] Sauf que ce qui m’a frappé quand même, c’est le fait que l’Union européenne a bien précisé quand même que ça ne remplacera pas l’argent, [00:04:30] que c’est juste. La personne aura la liberté de mettre une somme sur la porte feuille numérique et l’utiliser, mais ce ne sera.

Éric Verhaeghe: [00:04:40] C’est pas exactement ce qui a été dit, Rachel. Ce qui a été dit, c’est que sur le wallet, c’est-à-dire sur le portefeuille numérique, nous serons susceptibles de donner à qui nous choisirons l’accès aux données. Mais le contenu des données, nous ne le choisirons pas. Nous choisirons qui peut y avoir accès [00:05:00] ou pas. C’est ça, le projet de Wallet. Et s’agissant des données bancaires, il faut avoir conscience que la Banque centrale européenne a écrit cet été, et c’est sorti dans Les Echos du 14 juillet 2021, que dans 5 ans, la Banque centrale européenne canalisera, archivera toutes les transactions au jour le jour. Or, elle a dit Ça ne remplacera pas l’argent. Le cash,

Rachel Marsden: [00:05:25] C’est ce qu’ils ont dit.

Éric Verhaeghe: [00:05:26] Oui, voilà, c’est ça. Il y avait une excellente chanson de Dalida qui est probablement [00:05:30] la plus, qui sera probablement la plus grande philosophe du 21ème siècle, qui disait « Caramels, bonbons et chocolat ». J’ai quand il est évident que si la Banque centrale européenne met en place un euro numérique qui permettra de centraliser toutes les transactions, peut-être qu’il restera facilement des billets et de l’argent liquide, mais ce sera pour de toutes petites transactions. La Banque centrale européenne a d’ores et déjà indiqué qu’au delà de 3 000 euros stockés sur un compte en banque, elle décrétera ou elle imposera des pénalités [00:06:00] puisqu’elle considérera que les gens ne doivent pas détenir trop d’argent liquide. Et il y a une raison à cela puisque je vois que vous êtes interrogative. L’objectif est évidemment de briser, et je le dis très sereinement, de briser l’indépendance des gens, de les mettre en position de ne plus pouvoir échapper au contrôle étatique. Et vous comprenez, si vous avez 3 millions sur votre compte en banque, vous pouvez dire je me laisse suspendre, je refuse les vaccins. J’ai de quoi tenir un certain temps [00:06:30] avant d’être pauvre. Si vous avez 3000 euros sur votre compte en banque, vous n’avez plus la faculté de désobéir au gouvernement. Et c’est bien ce projet totalitaire qui est en route et qui ne dit pas son nom parce qu’il est présenté sous des dehors « C’est pour vous protéger », « c’est pour votre santé », « c’est pour la transparence et pour lutter contre le terrorisme », « c’est pour lutter contre les mafias », etc. On connait la rengaine, mais bien entendu qu’il y a derrière un projet de mise en place d’un modèle de consommation qui a été très bien [00:07:00] théorisé dans le Great Reset de Klaus Schwab et de Thierry Malleret où d’une certaine façon, nous ne serons plus propriétaires de rien. Nous serons locataires de tout et nous serons totalement dépendants des instructions qui nous seront données

Rachel Marsden: [00:07:13] Alors a priori ici par exemple, moi j’ai 100 000 – c’est une situation hypothétique, bien sûr – mais si j’ai 100.000 euros sur un compte bancaire à la Société générale et ça n’a rien à voir [00:07:30] avec le portefeuille numérique. Je veux laisser dans le compte et l’utiliser pour des transactions avec une carte bancaire.

Éric Verhaeghe: [00:07:35] ça ne sera plus possible. C’est ça qu’il faut comprendre. On aurait dû faire une émission sur le numérique puisque je vois que ça vous ne sera plus possible? Ce que l’euro numérique sera comme le bitcoin, c’est à dire qu’il y a un nombre limité de bitcoins. Chaque bitcoin est numéroté et les ordinateurs savent qui, historiquement, les a achetés, qui les a échangé. L’euro numérique, ce sera la même chose. Il y aura un nombre [00:08:00] limité d’euros numériques qui vous permettront de faire des transactions. Et les ordinateurs de la Banque centrale européenne sauront entre les mains de qui ces euros sont passés. Donc, vous n’aurez plus la faculté de détenir des euros dont la Banque centrale européenne n’a pas la maîtrise technologique. C’est à dire qu’il suffira d’appuyer sur un bouton d’ordinateur pour dire Mme Marsden vaut 100 000 euros. On en prend 80 000 pour rembourser les dettes de l’État et vous ne pourrez rien faire puisque cet argent sera comptabilisé sur [00:08:30] ce qu’on appelle une blockchain, c’est à dire un système informatique. Ce ne sera plus de l’argent physique,

Rachel Marsden: [00:08:35] Alors pourquoi est ce qu’ils auraient intérêt à faire ça ?

Éric Verhaeghe: [00:08:38] Pour des raisons extrêmement simples. C’est qu’aujourd’hui, il y a de l’argent en liquide. Et si j’ose dire, l’argent qui échappe au contrôle de la banque centrale pose des tas de problèmes de maîtrise par la caste au pouvoir, c’est à dire que cet argent peut produire de l’inflation. Cet argent peut dormir dans un matelas. Cet argent peut servir à des achats [00:09:00] indus, d’acheter des kalachnikov ou des chips. Et que dans un système où vous voulez ordonner la consommation des individus, évidemment, la mise en place d’un neuro numérique permet de maîtriser tous les processus. J’en reviens en passe sanitaire parce que c’est quand même notre objet.

Rachel Marsden: [00:09:15] Parce que c’est quand même lié. Oui.

Éric Verhaeghe: [00:09:17] Le pass sanitaire est la première étape vers ce système qui utilise l’argument sanitaire pour se justifier. Mais vous vous souvenez quand on était petit, Rachel? Quand nous allions au café, au restaurant, nous n’avions pas à montrer notre [00:09:30] pièce d’identité et quelqu’un ou un serveur vous aurait dit « Montrez moi qui vous êtes et je saurai si je vous sers ». Vous auriez dit au restaurateur : « Je vous boycotte tout de suite ». Le pass sanitaire, c’est d’abord un système qui vise à nous habituer à montrer nos papiers partout où nous passons et donc à permettre une espèce de filature organisée permanente de notre vie. Une violation permanente de notre vie privée qui est la première étape dans la mise en place de ce wallet. Dans le monde dystopique qu’ils nous promettent, il faudra montrer ses [00:10:00] papiers pour aller prendre un café, pour prendre prendre l’autoroute.

Rachel Marsden: [00:10:05] Mais comment est ce que vous savez ça ?

Éric Verhaeghe: [00:10:06] C’est écrit, je n’invente rien et je n’ai pas écrit sur des sites complotistes. Enfin si, c’est écrit sur un dangereux site complotiste qui est tenu par une dangereuse entreprise complotiste qui s’appelle Thalès et qui est une entreprise de fabricants d’armes qui a créé une unité spéciale Identité Numérique, une filiale qui s’appelle Idemia, sur laquelle on pourrait longuement discuté le moment venu si Idemia le souhaitait. Et donc, Thalès a publié récemment sur l’un de ses blogs une description de ce que sera l’identité numérique de demain et qui écrit que le pas sanitaire, les gens sont très heureux de l’avoir, que le pas sanitaire est la première étape de la construction d’une identité numérique à travers un wallet qui se terminera par des moyens de paiement. Le projet industriel, vous comprenez ? On ne crée pas un pass sanitaire, on ne crée pas des machines à lire des QR codes sans être sûr que l’investissement sera durable et sans être dans un cadre politique et industriel complet et assuré. Et donc, Thalès fait partie des grands acteurs industriels qui se positionnent sur ce marché futur qui sera un marché colossal qui passera par la reconnaissance faciale. Alors, je vous signale qu’en Chine, par exemple, dans les campagnes, il est prévu que les paysans payent leurs impôts après une procédure de reconnaissance faciale. Parce que c’est vrai que les Chinois parait-ils sont mauvais payeurs, ne payent pas leurs dettes et ne payent pas leurs impôts, etc. Et Ils pourraient être français au fond… Et donc, il est prévu que dans les campagnes où l’identité est mal assurée, on utilise la reconnaissance faciale pour reconnaître les paysans chinois. Il y a un taux d’efficacité de la reconnaissance faciale qui entre 80 et 95% aujourd’hui. Il y a un enjeu technologique colossal derrière. Donc, vous vous doutez bien que quand Thalès développe un projet industriel d’identité numérique, ce n’est pas pour que ça dure trois mois. Donc, il y aura derrière des pressions politiques pour que le passe sanitaire soit un prélude à une mise en bouche vers un système beaucoup plus durable.

Rachel Marsden: [00:12:10] Alors c’est quoi le lien actuel entre Thalès et l’Etat français ? Les hommes politiques ? Emmanuel Macron ? Olivier Véran ? Les gens qui gèrent la crise sanitaire ? Est ce qu’il y a des liens ? Est ce qu’ils sont au courant que ça pourrait être l’objectif ultime ?

Éric Verhaeghe: [00:12:35] On pourrait mais je crois que nous n’avons pas le temps de discuter pendant des heures de ce sujet à peu près inépuisable et qui appelle d’ailleurs de nombreuses dissensions ou désaccords. Moi, ma position, je l’ai écrit ce matin dans le Courrier des Stratèges. Ma position, c’est qu’il y a eu une grande alerte The Big Warning, et il y en a eu deux. La première a été le Brexit, c’est à dire que les Britanniques ont fait la démonstration que le suffrage universel pouvait défaire ce qu’ils avaient fait 40 ans avant et l’élection de Trump, qui a prouvé que le suffrage universel pouvait mettre au pouvoir des gens qui contestaient les règles du libre échange et du multilatéralisme. Et que donc, pour la caste mondialisée qui exerce aujourd’hui une domination très répartie sur le monde industriel, il y a une conviction qui s’est forgée depuis quatre ans, depuis cinq ans, ou quatre ans on va dire, qui est que le suffrage universel doit être désormais neutralisé parce qu’il y a une montée de mouvements nationalistes, populistes, complotistes, tous ces mots en « istes » qui désignent le diable et que la montée de ces mouvements met en péril la construction multilatérale et, d’une façon ou d’une autre, libre échangiste portée par la caste depuis une cinquantaine d’années. Et que, face au risque de voir le suffrage universel remettre en cause l’Union européenne, le G7, l’OMC, etc. Il y a eu d’ailleurs des remises en cause de l’OMC par Donald Trump. Et bien, face à tous ces risques, la caste mondialisée a décidé de neutraliser les effets du suffrage universel et d’utiliser les technologies numériques pour pérenniser sa domination sur nos sociétés à travers des dispositifs comme l’identité numérique, à travers des dispositions explosives d’intimidation. Il faut [00:14:30] dire, Rachel, que le Pass sanitaire, c’est la première expérience de crédit social dans le monde démocratique. Le pass sanitaire punit les dissidents et récompense les obéissants. C’est le crédit social à la chinoise qui se met en place.

Rachel Marsden: [00:14:45] Sauf que, d’après nos dirigeants, c’est juste pour protéger tout le monde d’un virus.

Éric Verhaeghe: [00:14:50] Alors, la théorie de la protection contre un virus, sa théorie de l’Etat vous protège et vous prive de liberté. Toutes les mères castratrice. Vous êtes peut être une. Donc vous savez mieux que moi [00:15:00] si vous l’êtes. Mais toutes les mères castratrice expliquent à leurs enfants que pour les protéger, elles les castrent. Donc, si la théorie de l’État ou de la maman protectrice état qui, pour vous protéger, vous prive de toutes vos libertés, c’est vieux comme le monde. Il y a une très bonne analyse, d’ailleurs, de tous ces sujets chez des penseurs libéraux comme Friedrich Hayek et autres qui ont montré que l’imposture de la protection par l’Etat a toujours servi de justification [00:15:30] à la privation des libertés.

Rachel Marsden: [00:15:33] C’est comme avec le terrorisme, par exemple..

Éric Verhaeghe: [00:15:35] Alors l’analyse des lois aux Etats-Unis et de leur application, a montré que les lois post-11 septembre ont d’abord servi à faire de la chasse à la fraude fiscale bien avant de faire de la lutte antiterroriste. Et nous avons le même sujet en France. Nous avons adopté des lois d’exception pour surveiller les terroristes qui servent essentiellement à surveiller des gens ordinaires [00:16:00] qu’on accuse d’être des fraudeurs. Donc, on voit bien que la doctrine selon laquelle l’Etat protège est d’abord une doctrine qui sert à justifier que l’Etat domine et que l’Etat confisque les libertés. Et là dessus, c’est vraiment vieux comme le monde. Et il faut comprendre. Il faut que les gens se réveillent et se disent : « En effet, au nom de ma protection, on justifie maints privation de liberté. Et c’est la vieille fable de La Fontaine que vous citiez le chien et [00:16:30] le loup : Est ce qu’on préfère aller chercher, allez chasser sa nourriture tous les jours, mais être libre plutôt qu’être bien nourri mais enchaînée à un poteau.

Rachel Marsden: [00:16:40] C’est ça, le choix. Eric Verhaeghe, énarque, est l’auteur du livre The Great Reset, Mythes et Réalités, aux éditions Culture et Racines. Merci beaucoup.

Éric Verhaeghe: [00:16:47] C’est moi qui vous remercie.

Rachel Marsden: [00:16:49] Et merci à vous de nous avoir rejoints dans l’émission. Vous pouvez réécouter l’émission à tout moment sur Désordre Mondial.com ou SputnikNews.com.

Interview réalisée par Rachel Marsden, publiée sur SputnikNews.com et DésordreMondial.com

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