Des producteurs de vaccins dans le comité ‘indépendant’ d’évaluation des vaccins Covid-19

par Christian Staquet-Chibambo

Dans le cadre de la « Stratégie de l’Union européenne concernant les vaccins contre la COVID-19« , la Belgique s’est déjà engagée pour l’achat anticipé de deux vaccins, celui d’AstraZeneca (décision en août 2020) et celui de Janssen Pharmaceutica (décision en octobre 2020) en attendant d’autres vaccins prochainement. Ces engagements entérinés par le gouvernement belge s’établissent sur base des évaluations positives établies par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) dont un comité a été chargé d’examiner les dossiers des candidats vaccins. Selon le site officiel de l’AFMPS, ce comité est composé d’experts qui « n’ont aucun conflit d’intérêt et sont tenus au secret.

Afin de garantir l’indépendance de ses membres, la composition de ce comité ne sera pas divulguée avant la fin de ses travaux. »

Pourtant, dans le journal télévisé du 19 août 2020 de la chaîne de télévision belge RTL, le professeur Michel Goldman a été interviewé et présenté explicitement comme étant l’un des membres de ce comité. Or, sur le site officiel de la « AstraZeneca Foundation » (dernière consultation le 9 novembre 2020), Michel Goldman est désigné comme président du board de cette fondation dont la raison d’être consiste à protéger et véhiculer les intérêts de la firme biotechnologique AstraZeneca. Dans ce board apparaît aussi le nom du professeur Lieven Annemans qui est membre de la Cellule d’évaluation fédérale (CELEVAL) qui conseille le gouvernement belge pour décider des mesures étatiques liées à la pandémie du covid-19.

Des conflits d’intérêts similaires ont déjà été repérés dans d’autres pays en rapport avec la pandémie du covid-19. Par exemple, en France, plusieurs membres (dont le président Christian Chidiac) de la commission publique chargée d’orienter les mesures étatiques contre la pandémie ont des conflits d’intérêts avec l’industrie biotechnologique.

De même, aux USA, les liens de Moncef Slaoui avec l’industrie biotechnologique sont patents.

Des conflits semblables concernent probablement encore d’autres protagonistes qui occupent des fonctions similaires à celles de Michel Goldman, Lieven Annemans, Christian Chidiac ou Moncef Slaoui dans d’autres pays et institutions.

Ainsi, de même que le gouvernement belge délègue l’évaluation des contrats d’achat des vaccins à un comité d’experts, de même la Commission européenne délègue son pouvoir de négociation de ces contrats à un « comité de pilotage » et à une « équipe conjointe ». Les membres de ce comité et de cette équipe sont inconnus et travaillent dans le secret, et cette opacité est revendiquée par la Commission dans des termes qui résonnent avec ceux de la déclaration fallacieuse de l’AFMPS citée ci-dessus et qui ne garantissent donc nullement l’impartialité de ces personnes.

En ce qui concerne la Belgique, le réseau d’influence de la « AstraZeneca Foundation » se laisse entrevoir aussi par les quelques liens tissés avec le FNRS et l’Académie Royale de Médecine de Belgique : « Depuis sa création, AstraZeneca Foundation a déjà consacré plus de cinq millions d’euros au soutien de la recherche en Belgique. »

Il serait fastidieux et peu pertinent de s’attarder davantage sur les individualités potentiellement ou nommément concernées par ces conflits d’intérêts car ce sont seulement des exemples d’un problème politique plus fondamental qu’elles illustrent, cristallisent et catalysent. Ainsi il est plus utile d’essayer d’expliquer et de comprendre ce problème politique fondamental qui concerne la démocratie. Nous le ferons dans une prochaine contribution.

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