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février 12, 2021

Le gouvernement allemand a embauché des scientifiques pour légitimer les strictes mesures de confinement et susciter la peur

Covid-19: les médias victimes d’une désinformation d’Etat?

par Michele Rivasi

C’est une affaire qui secoue la classe politique allemande. Une enquête du journal allemand Die Welt révèle comment le Ministre de l’intérieur a utilisé dans sa communication sur le Covid des messages et des chiffres alarmistes, afin de faire peur et fabriquer un soutien aux mesures de confinement.

Que se passe-t-il Outre-Rhin ? Le journal allemand Die Welt, l’un des trois principaux journaux du pays, a révélé dans son édition de dimanche dernier comment le ministre allemand de l’Intérieur a travaillé, dès le mois de mars 2020, sur des scénarios visant à augmenter artificiellement la peur du virus parmi la population. Berlin a voulu créer de cette manière un soutien aux mesures drastiques. Ce « mensonge d’état », à la une de la presse allemande depuis plusieurs jours et repris dans la presse européenne, est pour l’instant très peu relayé en France, hormis par France Soir.

Au début de la pandémie, le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer (CSU) a voulu faire comprendre les dangers du coronavirus à sa population. Sa stratégie : s’attendre au pire pour préparer la population à suivre des mesures strictes, rapporte l’agence de presse belge Business AM. Suite à une réunion préparatoire du ministre avec deux scientifiques, son secrétaire d’État Markus Keber a ensuite envoyé une série d’e-mails à des scientifiques et des universités, leur demandant de rédiger un plan qui permettrait d’introduire « des mesures à caractère préventif et répressif ».

Les « pires scénarios » pour soutenir des « mesures à caractères préventif et répressif  » ?

Les universités et les scientifiques contactés ont alors coopéré pour imaginer les « pires scénarios ». En quatre jours, les grandes lignes étaient formulées, alimentant un rapport classé confidentiel dans un premier temps, avant d’être partagé avec la presse.

Les 200 échanges d’e-mails analysés par Die Welt, obtenus après plusieurs mois de litige avec l’Institut Robert Koch, l’agence gouvernementale RKI de contrôle et de lutte contre les maladies chargée en particulier de coordonner la lutte contre le virus. Les techniques envisagées témoignent de l’inventivité des chercheurs. Jouer avec les taux de mortalité, utiliser des images de personnes mourant d’étouffement… Objectif politique de ces messages ? Engendrer la peur et la docilité au sein de la population. « Le fort sentiment d’impuissance doit être contenu. Cela peut se faire en propageant l’impression d’une forte intervention de l’État », explique l’un des e-mails. Il fallait donc présenter les chiffres « les moins favorables ».

Alors que l’Institut Robert Koch déclaraient que 0,56% des personnes infectées mourraient, un employé de l’Institut Leibniz pour la recherche économique (RWI) a cependant suggéré de doubler ce chiffre. Les deux pourcentages ont été finalement retenus dans le rapport final, publié en avril 2020. « Si le gouvernement n’agit pas, 70% de la population pourraient être infectés. Le nombre de morts pourrait s’élever à des millions », n’a cessé de répéter le ministre Seehofer en mars et en avril, selon Business AM.

Comment instrumentaliser les médias?

L’enquête de Die Welt fait scandale en Allemagne, tandis qu’en Belgique, au même moment, un film documentaire crée la polémique. « Ceci n’est pas un complot » du journaliste Bernard Crutzen, en ligne depuis début février 2021, se propose de décrypter comment les médias racontent le Covid. Ce documentaire, instructif à bien des égards, contient une séquence ahurissante : celle d’un exposé donné en janvier 2019 sur la gestion des pandémies par l’expert virologue belge Marc van Ranst au sein du Royal Institute of International Affairs, appelé aussi Chatham House, l’un des think-tank britanniques les plus influents. Le Dr Marc van Ranst n’est pas n’importe qui : membre du groupe d’experts en charge de l’Exit Strategy qui conseille le gouvernement belge, un organe créé en avril 2020, il a notamment été président du comité scientifique du Commissariat interministériel Influenza qui a recommandé en 2009 le vaccin de GSK, alors qu’il percevait une rémunération de GSK.

Que dit le Dr van Ranst dans cette video de 2019 saisie sur le vif ? Ses recettes pour manipuler les médias : « Pour attirer l’attention des médias, vous concluez un accord avec eux, explique-t-il. Vous leur direz tout ,et s’ils vous appellent, vous décrocherez votre téléphone. En faisant ça, vous pouvez profiter des premiers jours pour atteindre une couverture maximale, ils ne vont pas chercher des voix alternatives. Si vous faites ça, cela sera beaucoup plus facile. »

Comment inspirer la peur ? « Vous devez dire « Ok, on va avoir des décès liés au H1N1,  évidemment, c’est inévitable, détaille-t-il. J’ai utilisé cela dans les médias : 7 morts de la grippe par jour au pic de l’épidémie serait réaliste… » C’est vrai pour chaque année, c’est une estimation très prudente. Mais parler de décès est très important car les gens commencent à se dire « Wow, vous voulez dire que les gens meurent de la grippe ? ». Et c’était une étape nécessaire. »

La vidéo de Marc Van Ranst ci-dessous:

 

La vidéo est édifiante ? Elle illustre la capacité des médias à se faire aveugler et instrumentaliser, par des experts et des arguments émotionnels, utilisés à d’autres fins que l’intérêt général et l’honnête information des populations.

Sortir des stratégies d’influence ?

Ces stratégies d’influence au service du pouvoir, je les connais bien. Depuis le nuage de Tchernobyl en 1986 et le déni au plus haut niveau de l’état de la réalité des contaminations radioactives en France, je n’ai eu de cesse de combattre les mensonges d’état. Cette fois, ce que nous montrent les enquêtes faites en Allemagne et en Belgique, il ne s’agit plus d’être rassurant ou de nier le risque. Il faut semer la peur.

La gestion du Covid-19 par les autorités recèle des zones d’ombre, de petits arrangements avec les chiffres. Plusieurs livres, notamment ceux du professeur Christian Perronne et de l’anthropologue médical Jean-Dominique Michel, recensent les manquements et les incohérences des décisions qui ont été prises, notamment en France. L’universitaire Laurent Mucchielli documente régulièrement sur son blog les conflits d’intérêts entourant les thérapeutiques soutenues – ou interdites – par l’État français.

Au-delà des drames causés par les décès des malades pris en charge trop tardivement ou de nos anciens laissés dans l’isolement, confinés entre quatre murs et loin de leurs proches, il apparaît maintenant que les médias ont aussi autant les victimes que les cibles de cette pandémie de la peur. Une peur politiquement voulue, orchestrée et soufflée aux oreilles des médias qui en sont devenus alors les relais complices. Cette volonté de faire peur visait-elle à nous faire accepter des mesures autoritaires, de confinement, d’obéissance, d’impuissance, comme le scandale allemand actuel nous l’enseigne ? De nombreux collectifs d’avocats, notamment la ligue des droits de l’homme en France, dénoncent les mesures liberticides prises au nom de l’urgence sanitaire.

Un an après le début de la pandémie, des enquêtes journalistiques nous apportent des éléments tangibles et objectifs de mesures prises sur des arguments factices, sur la base de « fake news » intentionnels. Ces mesures d’exception, toujours en vigueur à travers toute l’Europe, sont-elles justifiées ? Sont-elles disproportionnées ? Devons-nous réviser nos principes de gestion de la pandémie de Covid-19 ?

C’est en sortant des mensonges d’état, naïvement colportés et répétés à longueur de journées, par les médias et les chaines d’information en continu que nous pourrons nous désintoxiquer de cette peur unanime mais abusive. Retrouver nos esprits, sortir de la peur paralysante et de la stratégie de l’émotion s’avèrent maintenant des impératifs démocratiques si l’on veut être capable de prendre des décisions rationnelles et raisonnables. Les décisions les plus justes.

Cet article a originellement été publié sur Le Blog de Michèle Rivasi

Les vues et opinions exprimées dans cet article sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les vues de Children’s Health Defense Europe.

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